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Tunisia
PREMIER PAYS ARABE À AVOIR ABOLI L’ESCLAVAGE
En Tunisie, la pratique de l’esclavage remonte à l’Antiquité. Des mosaïques de l’époque romaine représentent des esclaves enchaînés ou faisant le service. Des textes
et des fouilles de sépultures d’esclaves, datant de la même époque, ne laissent pas de doutes sur l’étendue de ce phénomène qui s’est poursuivi jusqu’à l’époque moderne. Officiellement abolie le 23 janvier 1846, par le souverain réformiste Ahmed 1er Bey, cette
pratique a cependant persisté jusqu’au début du XXe siècle, sous le protectorat français (1881-1956). La République, proclamée en 1957, et la Constitution, promulguée en 1959, ont instauré l’égalité de tous les citoyens devant la loi, sans distinction de sexe, de race ou de religion, mais une forme pernicieuse de racisme à l’égard des Noirs persiste cependant encore dans la société.
La population actuelle des pays du Maghreb frappe par sa diver- sité ethnique. La présence de Noirs dans cette région s’ex- plique par l’importance de la circulation entre les régions sahariennes et les côtes méditerranéennes, une circulation qui, depuis le Néolithique, a mobilisé les caravanes en quête de richesses : céréales (blé, orge ou mil), animaux sauvages, bétail, or, sel, peaux, du tissu, etc. Mais aussi d’esclaves noirs, dans le cadre de la traite transsaharienne.
Les Tunisiens sont Africains dans leurs gênes
L’historien Abdelhamid Larguèche appelle cependant à se débarrasser du préjugé qui rattache l’existence d’une composante noire au sein de la société tunisienne exclusivement à l’esclavage.
« La peau noire ne signifie pas automa- tiquement origine servile », affirme-t-il. Selon lui, la présence de communautés et groupes africains de peau noire est très ancienne en Tunisie. « Notre territoire a
constitué un lieu de rencontre et de bras- sage extraordinaire sur la longue durée. Les recherches d’anthropologie africaine récentes insistent de plus en plus sur les échanges et les liens humains et culturels étroits unissant depuis des siècles le Nord et le Sud du continent africain », explique-t- il. Il ajoute : « Toute la partie de l’Afrique depuis le nord du Sahara jusqu’à l’Atlan- tique est peuplée dès l’époque protohisto- rique d’éléments nigritiques divers. Il est donc naturel de déceler les processus d’inte- ractions culturelles multiples parallèlement aux mouvements de brassage et d’apports humains dans ces régions ».
Se fondant sur l’existence attestée d’un fond nigritique chez la plupart des groupes humains ayant occupé la Tunisie (Puniques, Romains, Byzantins, Arabes, Ottomans, etc.), l’historien spé- cialiste des minorités, souligne la diver- sité des origines des Tunisiens, qui sont certes méditerranéens, mais aussi Afri- cains dans leurs gênes.
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