African Business a été fondé en 1966 à Londres. C'est le leader de la presse panafricaine anglophone. Inévitablement, il appelait son équivalent en français. C’est désormais chose faite. Mondialisation exige, les décisions économiques ne peuvent plus être prises à l’échelle restreinte d’un seul pays. Dans leurs stratégies, les plus grands groupes appréhendent désormais le continent dans son ensemble, au-delà de ses frontières linguistiques.
S’il est difficile de prévoir aujourd’hui quelles seront les conséquences de la crise financière actuelle sur les économies africaines - le FMI vient toutefois de revoir en légère baisse les prévisions de croissance sur le continent en les situant à 6 % pour 2009 – deux rapports permettent de tempérer de manière positive les inquiétudes des investisseurs.
Selon « Doing Business 2009 » publié par la Banque mondiale, les pays africains ont adopté plus de réformes en 2007-2008 que sur les six années précédentes et trois pays africains - le Sénégal, le Burkina Faso et le Botswana - figurent parmi les dix premiers réformateurs du monde. Entre juin 2007 et juin 2008, 28 pays africains ont adopté 58 réformes facilitant la pratique des affaires et dans 49 pays la création d’entreprises est désormais plus simple et moins onéreuse.
Même « s’il reste beaucoup à faire - les entreprises africaines se heurtent encore à des contraintes réglementaires et administratives plus lourdes que dans toute autre région - la mise en œuvre de réformes montre clairement l’attachement des gouvernements à créer des institutions solides et à adopter des politiques vigoureuses, ce qui contribue à attirer les investisseurs ».
L’Afrique tire également parti de ses très bonnes performances macroéconomiques avec un taux de croissance qui a frisé les 6 % en moyenne au cours de la dernière décennie. Aussi, le rapport de la CNUCED sur les investissements étrangers prévoit- il qu’en 2008 les IED (Investissements étrangers directs) pourraient augmenter en Afrique pour la quatrième année consécutive : « Les perspectives d’une nouvelle hausse des IED en 2008 sont encourageantes compte tenu de la persistance des prix élevés des produits de base, des grands projets déjà annoncés pour l’année, et des paiements à venir liés aux opérations passées de fusions et acquisitions transfrontières ».
En 2007, les IED en Afrique ont déjà atteint un niveau record avec un total de 53 milliards $ et leur rentabilité a bondi de 31 %. Le taux de rendement des investissements sur le continent est ainsi plus élevé que dans les autres régions en développement. Moyennant ce constat, le Groupe Société générale vient de lancer un « tracker » sur l’Afrique composé des valeurs les plus importantes en termes de capitalisation boursière comme Sasol Ltd ou Maroc Telecom. Cependant beaucoup reste à faire car la part de l’Afrique ne représente aujourd’hui que 3 % des investissements étrangers dans le monde. La CNUCED se montre néanmoins optimiste car les facteurs susceptibles d’influencer l’arrivée des sociétés transnationales ont évolué favorablement en 2007 avec la signature de 11 traités bilatéraux d’investissement et de 11 traités de non double imposition.
Le potentiel de croissance dans les secteurs des mines, de l’énergie, des transports et de la logistique, des télécommunications, de l’informatique… est immense et comme nous le verrons dans les pages qui suivent, si de grandes banques africaines n’hésitent pas à investir sur l’ensemble du continent, c’est d’abord parce qu’elles le jugent éminemment profitable. Même si l’intégration sous-régionale peine parfois à s’accomplir, l’Union africaine (UA), l’organisme représentatif du continent, s’affirme progressivement. Malgré certains conflits persistants, la cohésion de l’Afrique prend forme, et sa place va s’en trouver confortée.
Alors qu’à travers le globe, les Etats développés, entraînés par le premier d’entre eux, vacillent sous la pression de la mondialisation, de l’ancienne Afrique des « pré carrés », émerge la « Pan-Afrique ».
La « Francophonie » rassemble 68 Etats et gouvernements membres, le français ayant statut de langue officielle, parfois avec d’autres langues, dans 32 pays membres de l’organisation.
L’Afrique compte une trentaine de pays francophones, et 200 millions de Francophones sont répartis à travers les cinq continents.
Ces lecteurs potentiels méritent d’être informés sur cette Afrique en devenir dans la langue qu’ils maîtrisent.